NVIDIA mise sur une "architecture Intel Inside" pour dominer l’infrastructure IA
- ARKTechNews

- 24 nov. 2025
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NVIDIA semble franchir une nouvelle étape dans sa stratégie d’intégration verticale : plutôt que de se contenter de fournir des GPU, l’entreprise accélère sa transformation vers un rôle d’architecte complet de l’infrastructure IA. Plusieurs signaux convergents (partenariats, design de serveurs, standardisation des racks) laissent penser que NVIDIA veut devenir incontournable à tous les niveaux, y compris au sein des data centers, à l’image d’un “Intel Inside” revisité pour l’ère de l’IA.
Un partenariat stratégique avec Intel
En septembre 2025, NVIDIA et Intel ont annoncé un accord ambitieux : NVIDIA investit 5 milliards de dollars dans Intel, et les deux entreprises collaboreront pour développer des processeurs x86 personnalisés (CPU) pour les data centers, interconnectés via NVLink. Ces CPU Intel “à la sauce NVIDIA” seront intégrés “dans des plateformes d’infrastructure IA” que NVIDIA proposera à ses clients. Ce partenariat ne se limite pas aux data centers : il couvrira aussi les PC, avec des SoC x86 intégrant des “chiplets” GPU NVIDIA. Cette fusion CPU + GPU via NVLink est symbolique : elle marque un rapprochement technologique très fort entre les deux firmes, et révèle l’ambition de NVIDIA de contrôler non seulement le GPU, mais aussi le CPU des machines IA.
Standardisation des racks IA : vers un design de référence
Dans le même temps, NVIDIA a activé son écosystème matériel : à son GTC, elle a présenté une liste de fournisseurs recommandés (“Recommended Vendor List”, RVL) pour les composantes clés des racks IA : châssis, alimentation, refroidissement liquide, systèmes de watercooling, câblage, etc. D’après la CNA (agence central taïwanaise), sur les 12 fournisseurs clés désignés par NVIDIA, 7 sont des entreprises taïwanaises, un signe que la chaîne d’approvisionnement IA est en train de se consolider autour de partenaires stratégiques. Par cette standardisation, NVIDIA réduit la liberté de création des fabricants de serveurs (ODM) : ceux-ci doivent suivre des spécifications précises définies par NVIDIA, ce qui peut limiter la customisation mais aussi accélérer le déploiement. Cela rappelle un modèle “Intel Inside”, où un acteur impose une architecture de référence largement diffusée.

Une infrastructure IA plus mature : acteurs et designs
Plusieurs grands fabricants d’infrastructures technologiques s’alignent sur la vision de NVIDIA. Par exemple, HPE propose désormais des “AI Factory Solutions” validées autour des GPU Blackwell de NVIDIA, avec des serveurs ProLiant, du refroidissement liquide et un stack complet prêt à l’emploi. De son côté, le constructeur Supermicro renforce sa collaboration avec NVIDIA : il va produire des systèmes rack haute densité (jusqu’à 144 GPU par rack selon leur communiqué), compatibles avec les nouvelles plateformes “Vera Rubin” de NVIDIA. En parallèle, Schneider Electric (acteur de l’énergie / infrastructure électrique) coopère avec NVIDIA pour des designs de référence IA qui gèrent à la fois l’alimentation et le refroidissement : leurs solutions visent des configurations de racks avec des besoins très élevés en énergie, jusqu’à plus de cent kilowatts selon les cas.
Les implications d’un “NVIDIA Inside” à l’échelle de l’IA
Cette stratégie pourrait donner à NVIDIA un contrôle encore plus fort sur l’infrastructure IA : non seulement sur les GPU, mais aussi sur le CPU, le châssis, l’alimentation, le refroidissement, et le câblage. Cela pourrait générer des économies d’échelle, standardiser les déploiements et renforcer la dépendance des clients à l’écosystème NVIDIA. Pour les ODM et intégrateurs de serveurs, c’est un double tranchant : la standardisation réduit certains coûts et simplifie la validation des designs, mais elle limite aussi leur capacité d’innovation libre. Si les clients (cloud, entreprises, hyperscalers) adoptent largement ces racks “référence”, NVIDIA pourrait capturer une part plus importante de la valeur au sein des data centers IA. D’un autre côté, cette dépendance accrue à NVIDIA expose l’écosystème à des risques concentrés : toute évolution stratégique ou économique de NVIDIA pourrait avoir des effets en cascade sur les fournisseurs, les fabricants et les clients. La santé de l’ensemble de la chaîne pourrait devenir un enjeu stratégique majeur.
Le modèle “Intel Inside” que certains évoquent à propos de NVIDIA n’est pas exactement celui d’Intel dans les années PC, mais il en porte l’esprit : un acteur dominant qui standardise une partie essentielle de l’infrastructure et se place au cœur de l’écosystème matériel. Grâce à son alliance avec Intel, ses designs de référence pour les racks IA, et des partenariats avec des fabricants clés, NVIDIA semble vouloir verrouiller l’infrastructure IA de demain, pas seulement comme fournisseur de GPU, mais comme architecte global. Cette stratégie pourrait lui permettre de capter plus de valeur, d’accélérer le déploiement de l’IA, et de renforcer sa position dominante, mais elle augmente également les risques pour l’ensemble de l’écosystème. La question centrale désormais : jusqu’où la standardisation sera-t-elle adoptée, et combien d’acteurs seront prêts à suivre l’architecture “NVIDIA Inside” ?
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